Découvrir l'arboriculture

L’arboriculture consiste à cultiver les arbres, que ce soit à visée ornementale ou fruitière. L’arboriculture fruitière peut elle-même être à but conservatoire (cultiver des variétés anciennes et rares) ou productif. C’est bien l’arboriculture fruitière et productive que nous abordons dans ce guide métier. L’arboriculture regroupe des productions très variées, des fruits à pépins (pommes, poires…), aux fruits à noyaux (abricots, pêches…) ou aux fruits à coques (noix, noisettes, amandes…). Comment devenir arboriculteur ou arboricultrice ? Cette fiche métier a pour vocation d’expliquer cette activité d’arboriculture, mais ne pourra malheureusement pas être exhaustive – à moins d’en faire un roman, ou deux. Mais rassurez-vous, des liens en fin d’article vous permettront de creuser le sujet.

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Découvrir l'arboriculture

L’arboriculture consiste à cultiver les arbres, que ce soit à visée ornementale ou fruitière. L’arboriculture fruitière peut elle-même être à but conservatoire (cultiver des variétés anciennes et rares) ou productif. C’est bien l’arboriculture fruitière et productive que nous abordons dans ce guide métier. L’arboriculture regroupe des productions très variées, des fruits à pépins (pommes, poires…), aux fruits à noyaux (abricots, pêches…) ou aux fruits à coques (noix, noisettes, amandes…). Comment devenir arboriculteur ou arboricultrice ? Cette fiche métier a pour vocation d’expliquer cette activité d’arboriculture, mais ne pourra malheureusement pas être exhaustive – à moins d’en faire un roman, ou deux. Mais rassurez-vous, des liens en fin d’article vous permettront de creuser le sujet.

Sommaire du guide

L’arboriculture consiste à cultiver les arbres, que ce soit à visée ornementale ou fruitière. L’arboriculture fruitière peut elle-même être à but conservatoire (cultiver des variétés anciennes et rares) ou productif. C’est bien l’arboriculture fruitière et productive que nous abordons dans ce guide métier. L’arboriculture regroupe des productions très variées, des fruits à pépins (pommes, poires…), aux fruits à noyaux (abricots, pêches…) ou aux fruits à coques (noix, noisettes, amandes…).

Comment devenir arboriculteur ou arboricultrice ? Cette fiche métier a pour vocation d’expliquer cette activité d’arboriculture, mais ne pourra malheureusement pas être exhaustive – à moins d’en faire un roman, ou deux. Mais rassurez-vous, des liens en fin d’article vous permettront de creuser le sujet.

Jeune verger palissé de poiriers.

1. Définition et particularités de l’arboriculture

Plantons le décor :

  • C’est une culture pérenne : une fois mis en terre, les arbres peuvent vivre vingt, trente, parfois cent ans… D’où l’importance fondamentale de bien préparer la phase de plantation ;
  • C’est une culture qui demande de la patience… et une bonne trésorerie en début de projet : alors que les chantiers de plantation d’arbres et leur entretien sont coûteux, ils mettent jusqu’à 10 ans avant d’atteindre leur rendement optimal. On vise alors à accélérer la mise à fruits ou adopter des productions complémentaires ;
  • C’est une culture rentable mais risquée : en rythme de croisière, les arbres fruitiers ont des rendements importants, et assurent un revenu confortable à l’arboricultrice ou l’arboriculteur. Cependant, on peut tout perdre en une nuit de fort gel alors que les arbres sont en fleurs… L’arboriculteur·ice a donc tout intérêt à choisir des variétés diversifiées, notamment à floraisons tardives, et même d’adopter une protection antigel dans son système productif.

… Même pas peur ? Vous aimez le temps long ? Les vieilles branches ? Voir les arbres grandir ? Vous pensez qu’ils ont toute leur place dans un système agricole vertueux et respectueux de la biodiversité ? L’arboriculture est faite pour vous !

2. Quel verger est fait pour vous ? La clé de l’arboriculture : bien préparer la plantation

Le choix du terrain

Avant toute chose, assurez-vous que votre sol a des propriétés favorisant la culture fruitière :

  • un sol limoneux, riche en matière organique ;
  • un sol drainant pour éviter l’asphyxie racinaire ;
  • un sol profond pour favoriser l’enracinement des arbres.

Le choix des essences d’arbres

Quelques conseils pour choisir les essences de vos arbres (pommiers, poiriers, abricotiers…) : Cette essence est-elle adaptée à mon type de sol et à mon climat ? Le sera-t-elle toujours dans quelques années, avec les prévisions de changement climatique ?
Cette essence a-t-elle un marché possible de consommateurs ?

Le choix de la variété et du porte-greffe

On ne le sait pas toujours mais les arbres fruitiers en système productif sont greffés : ils sont constitués d’une part d’un porte-greffe, qui comprend la partie racinaire, sélectionné pour ses vertus de vigueur et d’adaptation aux différents types de sol, et la variété, greffée sur le porte-greffe en pépinière et sélectionnée pour ses propriétés gustatives, esthétiques, de facilité de conduite ou de résistance à certains ravageurs.

Avant de vous lancer dans la plantation, recueillez le plus d’informations possibles auprès de votre pépiniériste sur les scions disponibles : quelle variété choisir ? Quel porte-greffe ? Posez-vous aussi la question de comment conduire vos arbres une fois qu’ils auront grandi, quel rendement viser, pour quels circuits de distribution… Répondre à toutes ces questions vous permettra de choisir parmi les différents types de verger.

Le choix de la conduite du verger

Rapide coup d’œil sur les deux types de vergers les plus classiques en arboriculture :

  • Le verger intensif, ou verger palissé classique
    Assolement : environ 1 500 arbres/ ha
    Densité de plantation (pour un verger de pommier) : 4m entre les lignes, 2m sur la ligne
    Hauteur d’arbre : basse tige
    Porte-greffe : nanifiant
    Mise à fruit : rapide
    Conduite : besoin de tuteurage, palissage, irrigation…

  • Le verger extensif, ou verger de plein vent
    Assolement : environ 500 arbres/ ha
    Densité de plantation (pour un verger de pommier) : 10m entre les lignes, 10m sur la ligne
    Distance entre les lignes : 10 m
    Distance dans les lignes : 10 m
    Hauteur d’arbre : haute tige
    Porte-greffe : vigoureux
    Mise à fruit : plus longue
    Conduite : arbres plus autonomes, mais difficultés pour tailler et récolter à hauteur

… Quel que soit le type de verger qui aura votre préférence, le chantier de plantation comprend :

  • La préparation de sol, avec le passage d’une sous-souleuse afin de casser la semelle de labour ;
  • L’amendement du sol en matière organique, avec l’apport d’environ 40T de fumier/ha ;
  • Dans le cas de verger intensif, l’installation du système de palissage, notamment les pieux ;
  • Et bien sûr, la plantation des scions, avec un pralinage préalable des racines et une irrigation importante et régulière après plantation.

Ne pas confondre agriculture et agroforesterie 🦔

L’agroforesterie englobe toutes les pratiques consistant à mélanger sur une même parcelle la culture des arbres avec des cultures végétales ou de l’élevage : cela peut aller du parcours de pâturage pour poules pondeuses en vergers basses tiges à la forêt comestible. Sont associés à ces pratiques plusieurs avantages : protection du vent, synergies racinaires, structuration du sol, optimisation de l’espace, protection des parasites, meilleure résilience face aux changements climatiques, etc.

L’arboriculture n’induit pas forcément ce type de diversité de cultures mais il est bien sûr indispensable d’en connaître les principes lorsque l’on mène un projet dans l’agroforesterie.

Parcelle maraîchère en Angleterre avec arbres fruitiers et petits fruits en interrangs.

3. Le quotidien d’un arboriculteur : une année au rythme des arbres

Les tâches en arboriculture évoluent au rythme des saisons, et comprennent deux temps forts : la taille en hiver, et la cueillette en été ou automne. Ces activités nécessitent bien souvent le recours à une main-d’œuvre saisonnière.

La taille : de novembre à mars

La taille a plusieurs avantages : elle limite le phénomène d’alternance des arbres fruitiers (qui produisent naturellement beaucoup de fruits une année, puis peu l’année suivante et ainsi de suite). Elle favorise aussi une meilleure aération de l’arbre et un meilleur ensoleillement, pour éviter les maladies et favoriser la fructification. Enfin, elle permet d’allonger la durée de productivité d’un arbre, en éliminant les parties abîmées ou mal placées.

Il existe aussi une taille « en vert » durant l’été, qui permet d’accélérer la mise à fruit des rameaux de l’année sur les fruits à pépins, et une « taille de formation » au printemps qui consiste à favoriser un port robuste de l’arbre dans ses premières années, avant d’être pleinement productif.

L’entretien : de mars à octobre

C’est la phase entre la taille et la cueillette, qui protège l’arbre face aux agressions, l’irrigue si nécessaire et favorise sa production fruitière.
Cela passe notamment par :

  • les traitements phytosanitaires, afin de renforcer les défenses de l’arbre, ou bien d’empêcher la prolifération de champignons ou de ravageurs ;
  • la lutte biologique, avec le piégeage de ravageurs ou bien l’accueil d’auxiliaires de cultures ;
  • l’éclaircissage, pour enlever certains fruits des arbres, afin d’augmenter le calibre des fruits restants.

La cueillette et le conditionnement : d’août à novembre

Ça y est, les fruits sont prêts à être cueillis ! C’est le temps de la cueillette, qui nécessite le recours à des saisonniers car les volumes sont importants et la période courte.

Organisation et soin porté aux fruits sont les maîtres mots pour une cueillette réussie ! Déposés dans des cagettes ou des palloxs, les fruits sont ensuite acheminés vers des hangars de stockage où ils sont triés, calibrés selon leur taille, stockés à température optimale, envoyés en transformation ou bien conditionnés pour la vente.

La commercialisation : d’août à mars

Selon la durée de conservation des fruits (qui peut aller jusqu’à plusieurs mois), la commercialisation s’étale dans le temps. On peut alors privilégier des circuits de distribution en vente directe ou en paniers hebdomadaires par exemple -à condition d’avoir de grandes chambres froides pour stocker ces volumes à bonne température.

Pour les gros volumes plus périssables, on privilégie les circuits longs, via des coopératives et des grossistes, qui gèrent ensuite eux-mêmes la distribution jusqu’au consommateur final.

Taille de pommiers.

Des fruits à part, les "petits fruits" 🦔

On distingue les « petits fruits » (fraises, framboises, cassis, groseilles…) de l’arboriculture :

  • ils n’ont pas besoin d’être greffés ;leur cycle de production et durée de vie est plus rapide ;
  • ils doivent être consommés quelques jours après leur cueillette (hors congélation) ;
  • Leurs conditions de conduite, cueillette et commercialisation sont donc différentes de l’arboriculture, même s’ils sont une diversification très intéressante pour l’arboriculteur.ice :ils sont plus rapides à produire des fruits après plantation ;
  • ils génèrent une entrée en trésorerie dès le printemps ;
  • ils sont moins sensibles aux épisodes de gel ou de grêle, car souvent conduits sous tunnels.Ils sont en quelque sorte un intermédiaire entre l’arboriculture et le maraîchage, notamment pour les fraises.

Groseillers au moment de la récolte.

4. Quel équipement en arboriculture ?

L’arboriculture nécessite de nombreux équipements, qu’il n’est pas toujours possible de mutualiser, tant leur utilisation est fréquente. Pour limiter les coûts, n’hésitez pas à en chercher d’occasion. Il est possible aussi d’intégrer une CUMA pour la mutualisation des outillages à utilisation moins fréquente.

L’équipement indispensable :

  • Tracteur 50cv, notamment à cabine fermée
  • Pulvérisateur ou atomiseur
  • Broyeur
  • Herse étrille
  • Débroussailleuse
  • Sécateur
  • Calibreuse à fruits
  • Palloxs ou caisses de récolte
  • Chambre froide
  • Local phyto

L’équipement mutualisable ou optionnel :

  • Sous-soleuse pour les plantations
  • Enfonce pieu
  • Plateforme de récolte
  • Filets anti-grêles

Kiwis en fleurs.

5. Faut-il un diplôme pour être arboriculteur ?

Ce n’est pas obligatoire pour exercer mais c’est fortement conseillé pour vous permettre d’accumuler connaissances théoriques et pratiques via les stages. On peut faire le choix de l’arboriculture à tout âge. Quelques exemples de formations agricoles diplômantes :

  • BPREA, brevet professionnel responsable d’entreprise agricole, avec spécialité arboriculture notamment à Nantes ou Angers (avec possibilité de le suivre à distance) ;
  • Bac pro productions horticoles ;
  • Licence professionnelle productions végétales ;

… ainsi que de nombreuses formations courtes dispensées localement. Renseignez-vous auprès de votre Chambre d’Agriculture ou votre Groupement d’Agriculteurs Biologiques.

À noter, que si vous vous voulez bénéficier d’une priorité d’accès au foncier agricole et des aides à l’installation comme la DJA (Dotation Jeune Agriculteur·rice) il vous faut suivre le parcours à l’installation de la Chambre d’Agriculture et avoir pour cela votre Capacité Professionnelle Agricole (et donc un diplôme agricole de niveau 4).

La parole à Jean-Marc Gaillard, arboriculteur à la Maison Gaillard dans les Yvelines depuis 1999 🦔

→ Quelles sont les qualités essentielles pour être arboriculteur ? Le courage, la persévérance, un peu de folie et beaucoup de passion. Aimer ce travail. Et mettre l’humain au cœur de l’exploitation. Parce que ce métier nécessite beaucoup de main-d’œuvre, il faut savoir tirer le meilleur de chacun – à commencer par soi-même, pour pouvoir en tirer un revenu.

→ Quels conseils donneriez-vous à un porteur de projet en arboriculture ? Faire bien sur peu de surface. Associer l’arboriculture à des productions complémentaires comme le maraîchage et les petits fruits… avec un peu de mécanisation, ça me semble possible d’en vivre décemment.

→ Que faut-il regarder en priorité quand on visite un terrain dans un projet de verger ? La qualité du sol ; évitez les sols à dominance sableuse et rocailleuse. Vérifiez s’il y a une source d’eau à proximité. Préférez les terrains situés en haut de vallée plutôt qu’en bas, pour se prémunir du gel. Et dans le cas de vergers à reprendre, évitez ceux qui ont été laissés à l’abandon ou qui ont développé du chancre par exemple… ce n’est pas récupérable.

→ Quelles sont pour vous les cultures fruitières d’avenir ? Pour moi, l’idéal est d’avoir un peu de tout, de diversifier au maximum sur petite surface. Mais ce qui attire le plus les clients ce sont les petits fruits : ils font venir (et revenir) les gens et cela profite à toute l’exploitation.

→ Quel est le moment de l’année que vous préférez dans les vergers ? Le printemps. On ressent une dynamique nouvelle, les projets affluent, il y a de plus en plus à faire… c’est haletant.

6. En savoir plus sur l’arboriculture

Lire –

  • Verger bio, arbres et arbustes d’Alain Niels Pontoppidan chez Terre vivante
  • Créer et entretenir un verger permaculturel, de Julien Mercher chez Eugen Ulmer Eds
  • Des médecines douces pour vos fruitiers, de Jean-Luc Petit chez Terre vivante
  • PurProjet, Ecosia ou Desenfants et des arbres pour un soutien financier à la plantation d’arbres
  • Pour préparer au mieux son chantier de plantation https://agrifournitures.fr/18-palissage-plantation

Regarder –

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Ce guide a été écrit par

Philippine de la Fayolle
Rédactrice et fraîchement reconvertie en agriculture
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